Portrait : Rencontre avec Abdoulaye Thiam, notre partenaire sénégalais

11th Sep 2019 Focus
Au mois de juin, Abdoulaye Thiam était en mission en Belgique. Nous en avons profité pour échanger avec lui sur son parcours et son rôle dans le projet Cap Solidarité, récemment implanté au Sénégal.
Bonjour Abdoulaye, pouvez-vous nous dire quelques mots sur vous et sur votre profession ?
Je suis travailleur social de formation professionnelle. J’habite à Dakar. J’ai été directeur de l’Ecole Nationale des travailleurs sociaux spécialisés de 2011 à 2018. J’ai aussi été formateur dans cet établissement. Je suis maintenant jeune retraité …  😉
Comment est née votre collaboration avec Amarrage ?
J’ai rencontré Thierry Verdeyen par le biais de l’Ecole Nationale des travailleurs sociaux spécialisés justement. Dans le cadre d’un projet mis en oeuvre par la coopération mixte belgo-sénégalaise, j’ai eu la chance de rencontrer l’Amarrage. En décembre 2017, Thierry m’a dit qu’il envisageait de mettre en place un projet au Sénégal. Il est venu en mission en février 2018 avec Kevin, le responsable belge du projet Cap Solidarité.
Pour l’implantation du projet, nous avons visité ensemble plusieurs villages aux alentours de Dakar.
En termes de ressources humaines, nous devions aussi recruter un éducateur. Sur les 42 CV reçus, j’ai fait une sélection de 4 personnes (avec l’aide de 3 collègues sénégalais). Ces 4 candidats ont été présentés à Thierry et Kevin. C’est finalement Omar qui a été sélectionné : il a commencé comme éducateur pour le projet Cap Solidarité le 16 juin 2018. Le premier jeune a été accueilli au Sénégal 3 jours après sa prise de fonction.
Finalement, mon rôle dans ce projet a été celui de « facilitateur » : pour être en contact avec les autorités et représenter Amarrage, et pour trouver les familles partenaires. En effet, j’ai facilité le partenariat entre Amarrage et le Collectif des formateurs en travail social afin d’obtenir les accords avec le ministère de la justice pour démarrer le projet.
 En quoi consiste le projet Cap Solidarité au Sénégal ?
Le jeune belge vit dans son village d’accueil exactement comme un jeune sénégalais : il dort, mange, travaille comme quelqu’un du village. S’il vit dans une famille d’agriculteurs, il travaille aux champs. Il peut aussi faire différents stages dans les villages environnants (ébénisterie, maçonnerie, structures de santé, …). Le projet Cap Solidarité permet de remobiliser le jeune. Quel que soit ses difficultés en arrivant, il est en quelque sorte plongé dans un environnement sain, sans drogue ni alcool. Et, de toute façon, le contrôle social est très fort.
Chaque jeune reçoit 1 euro par jour d’argent de poche. A la fin de son séjour, il peut investir une partie de cet argent dans un projet de développement, pour remercier le village. C’est très responsabilisant pour lui.  A la fin des trois mois, certains parlent même un peu la langue locale.
Avant son départ, quand on lui demande ce qu’il a appris, le jeune nous dit souvent ceci : « J’accorde plus d’importance à la solidarité, je suis plus ouvert et j’ai appris des valeurs comme l’accueil et le respect de l’autre ».
Jusqu’à ce jour, tout se passe bien, les familles sont contentes. Omar est devenu coordinateur et le projet a accueilli une nouvelle éducatrice depuis janvier 2019 : Aminata. Le travail de l’éducateur consiste à être présent au début, dès l’arrivée du jeune à l’aéroport, il l’accompagne et l’aide à s’intégrer dans sa famille. L’éducateur l’accompagne aussi dans les différents lieux de stage.
Quelles sont les grandes valeurs du projet ?
J’aime dire qu’il s’agit d’un réel projet de Solidarité car les familles sénégalaises sont des familles volontaires qui accueillent un jeune belge pendant trois mois. Au Sénégal, les gens trouvent normal d’accueillir quelqu’un qui vient d’ailleurs. Le respect de l’autre, le travail, l’hospitalité, la générosité et la solidarité sont les valeurs cardinales du Sénégal.
Pour moi, le projet Cap Solidarité représente vraiment la solidarité entre le Nord et le Sud. Le Sud accueille un jeune issu d’un pays riche mais qui rencontre des difficultés. Le Nord reconnaît ainsi la valeur du Sud : même si l’Afrique est pauvre, elle a plein de choses à offrir.

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