Focus : Portrait de notre partenaire Moldave

20th Déc 2017 Focus

Le projet Cap Solidarité de l’Amarrage organise des séjours de rupture pour des adolescents en grande difficulté (décrochages scolaire, social, familial). Forts de notre expérience au Bénin, nous avons ouvert les horizons de nos jeunes à d’autres pays : la France, la Roumanie et la Moldavie.

Cet article est l’occasion de dresser le portrait de notre partenaire en Moldavie, Thierry Ernst, et de son association Vent d’Est.

Pouvez-vous présenter votre association ?

Nous avons créé avec mon épouse en 2002 l’association Vent d’Est, association humanitaire tournée vers la Moldavie.

Nos premières actions ont été de l’aide humanitaire d’urgence auprès d’enfants, dans des orphelinats et dans des écoles de village. En 2010, nous avons déménagé en Moldavie afin de pouvoir développer davantage les projets de Vent d’Est. Nous avons fixé notre action à Horodiste, village défavorisé de Moldavie, situé à 85 kilomètres de la capitale Chisinau. En plus de l’action humanitaire, nous nous sommes tournés vers l’économie solidaire. Nous avons racheté l’ancienne école du village afin de la transformer en Eco-pension. Nous avons également transformé des maisons à l’abandon en gîte pour touristes et en fromagerie.

En parallèle, nous avons créé un magasin de solidarité, où nous vendons pour un prix dérisoire des vêtements pour les gens du village, ce qui nous a permis de créer également un emploi.

Une vingtaine d’enfants sont parrainé, nous les accompagnons financièrement dans leurs études ou dans les difficultés de la vie, maladie, handicap etc … Nous organisons également des maraudes où nous allons à la rencontre des populations en très grande précarité (personnes âgées, malades) pour des distributions de nourriture.

Comment avez-vous été amené à travailler avec Amarrage ?

Nous recevons en Moldavie des volontaires, ils travaillent sur nos chantiers et organisent des animations pour les enfants. Parmi ces volontaires, nous accueillons des scouts de Belgique. Nous avons été mis en contact avec Amarrage grâce à un de ces volontaires belges.

Comment cela se passe avec les jeunes de cap solidarité qui viennent en séjour de rupture chez vous ?

Nous avons déjà accueilli 7 jeunes en séjour de rupture.

Chaque jeune est différent et arrive avec ses soucis, son histoire et ses blessures. Pour tous, c’est un vrai choc : se retrouver dans ce village rural, avec des chemins en terre, sans leurs copains, sans internet, sans musique. Nous essayons d’accompagner cette rupture, de transformer ce choc culturel en élan positif. Pour la plupart, ils ont besoin d’être écoutés, conseillés, nous leur tendons la main. Ce n’est jamais simple, souvent très compliqué, car certains ont déjà un parcours de vie très douloureux et les blessures de la vie ressortent au cours de ce séjour.

Le fait de ne pas être des professionnels est un plus. Je pense que notre discours est différent, nous sommes davantage dans un fonctionnement familial. Plusieurs d’entre eux m’appellent affectueusement “mon papa moldave” ?. Nous nous attachons à ces jeunes et eux s’attachent à nous et à la Moldavie … Deux jeunes sont déjà revenus nous voir !

Malgré la joie du départ et de retrouver leur environnement en Belgique, la plupart repartent d’Horodiste en pleurant !

Pour en savoir plus : www.ventdest.org